Marchés, pétrole, or, dette : un point sur ce que personne ne veut entendre

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Le prix du pétrole est revenu à son niveau d’avant-guerre. Les marchés boursiers enchaînent les records. Et pourtant, le détroit d’Ormuz n’est pas vraiment rouvert, les réserves stratégiques mondiales fondent depuis trois mois et les stocks de diesel approchent de niveaux critiques. Comment est-ce possible ?

Philippe Béchade, analyste et rédacteur en chef de la Chronique Agora, répond sans détour : les prix sont fictifs. D’un côté, Trump a inondé les marchés d’une cinquantaine de fausses annonces de paix, chacune faisant baisser le pétrole de quelques dollars via les algorithmes de trading — avant d’être démentie — créant un effet cliquet qui a ramené les cours à la normale sans que rien ne se soit réglé. De l’autre, les États ont puisé dans leurs réserves stratégiques à un rythme sans précédent, supprimant artificiellement la pression sur les prix. Ce bluff touche à sa fin.

Sur les marchés actions, le tableau n’est pas plus rassurant. La hausse se fait la nuit, quand les algos seuls sont aux commandes. Les valorisations ont perdu tout ancrage — ARM se paye 280 fois ses bénéfices, SpaceX 60 fois son chiffre d’affaires 2027. Les profits virtuels des participations dans l’IA sont comptabilisés comme bénéfices réels. Et le modèle économique entier repose sur un prix du token qui sera cassé par les Chinois d’Alibaba, comme ils ont cassé le prix des batteries et des panneaux solaires.

Pendant ce temps, les banques centrales ont perdu le contrôle des taux longs. L’inflation est structurelle. Les monnaies se dévaluent en silence. Et les détenteurs de 20 000 milliards de dollars d’actifs — BlackRock, Vanguard — dictent leur loi aux États.

Un entretien dense, sans concession, qui remet les pendules à l’heure.

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