Récession, faillites, dette : qui va payer la facture ?

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Le tableau est sombre, et les chiffres ne mentent pas. Selon les dernières données de la Banque de France, près de 6 000 entreprises hors micro-entreprises ont fait faillite sur les 12 derniers mois — un niveau supérieur de 16,5 % au pic de 2009, et en hausse de plus de 100 % depuis 2017. Les grandes entreprises et ETI ne sont pas épargnées : 68 défaillances enregistrées sur la même période, un record historique. Qui dit faillite dit licenciements, et qui dit licenciements dit chômage en hausse, avec toutes les conséquences sociales que cela implique.

Dans ce contexte, 91 % des Français se déclarent pessimistes sur la situation économique du pays, selon un sondage Ipsos. Leurs inquiétudes ? Le pouvoir d’achat, l’avenir des retraites, la santé — et désormais la dette publique, dont le poids commence à se faire sentir au quotidien via la hausse des taux d’intérêt.

Car c’est là le cœur du problème. La France affiche un actif net négatif de 3 000 milliards d’euros en intégrant le hors-bilan de l’Etat. La charge d’intérêt de la dette devrait atteindre 70 à 75 milliards d’euros cette année, et frôler les 100 milliards dans les prochaines années. Certaines voix proposent d’annuler purement et simplement la dette. Mais l’histoire répond clairement : de la Russie de Lénine à l’Argentine de 2001 en passant par la Grèce — dont le PIB a chuté de 28 % et reste encore aujourd’hui 14 % sous son niveau de 2008 — les défauts souverains ont toujours abouti à des catastrophes économiques et sociales durables.

La France, lanterne rouge de l’économie mondiale avec un indicateur composite à 47,6, est déjà en récession. Sans réforme courageuse, la facture sera lourde, et ce sont toujours les mêmes qui la paient.

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