Un pêcheur turc qui se lève à 5h pour revendre quelques kilos de poisson. Un agriculteur bio du Kansas qui voit ses dettes s’accumuler sans pouvoir augmenter ses prix. Une bénévole du Secours populaire à Chaumont qui voit affluer des retraités qu’elle n’aurait jamais imaginé croiser. L’inflation n’est pas qu’un indicateur économique : c’est une réalité humaine, inégalement répartie, qui broie d’abord les plus fragiles.
Ce documentaire traverse plusieurs pays pour mettre des visages sur un phénomène souvent réduit à des courbes et des pourcentages. Ses causes sont multiples : chocs pétroliers, désorganisation des chaînes d’approvisionnement post-Covid, guerre en Ukraine, création monétaire excessive — sans oublier les mécanismes de spéculation qui amplifient chaque tension. Comme le résume un économiste interrogé : l’inflation d’aujourd’hui n’est pas un simple phénomène monétaire, c’est un cocktail de facteurs qui se renforcent mutuellement.
L’histoire offre des repères inquiétants. L’hyperinflation allemande des années 1920 a ruiné la classe moyenne en deux fois. La Turquie actuelle, avec une inflation réelle estimée à plus de 100 %, illustre ce que peut coûter une politique monétaire à contre-courant. Et depuis la Révolution française jusqu’au Printemps arabe, la flambée du prix du pain a toujours annoncé de grands bouleversements politiques.
Qui sont les gagnants ? Les États très endettés, dont la dette est mécaniquement érodée. Les propriétaires d’actifs réels. Les spéculateurs fonciers qui rachètent des terres agricoles pendant que des exploitants comme Jason Schmith s’endettent pour survivre.
Qui sont les perdants ? Les salariés dont les revenus ne suivent pas. Les épargnants. Les populations des pays émergents, exposées aux effets d’une hausse mondiale des taux sans en avoir les moyens d’amortissement. Et partout, les femmes — qui font les courses, remarquent les hausses, et s’adaptent en silence.
Un documentaire essentiel pour comprendre ce que l’inflation fait vraiment aux gens.

