Les marchés américains battent des records. Le CAC 40 résiste. SpaceX entre en bourse à 1 750 milliards de dollars. Et pourtant, le pétrole flambe, les faillites s’accumulent, la stagflation s’installe en Europe. Comment expliquer ce décalage ? Pour l’analyste financier Philippe Béchad, la réponse tient en un mot : manipulation.
Depuis le 28 février, Trump a diffusé 29 annonces mensongères sur une possible réouverture du détroit d’Ormuz ou une désescalade avec l’Iran. Chaque fois, le Nasdaq monte. Chaque fois, le démenti arrive. Chaque fois, les marchés ne récupèrent qu’une partie de la baisse. C’est ce qu’on appelle « l’effet cliquet » : on s’enthousiasme sur la nouvelle, on accueille le démenti avec suspicion. Résultat : les indices grimpent par paliers, à coups de fausses informations diffusées à 2h du matin, quand seuls les algorithmes sont aux commandes.
Derrière ce théâtre, un objectif concret : financer l’introduction en bourse de SpaceX, dont la sursouscription a mobilisé 300 milliards de dollars. OpenAI et Anthropic suivront, avec des valorisations de 1 000 milliards chacune. Pour tenir ces niveaux, il faut des marchés au sommet — et des narratifs qui tiennent.
Mais le vrai risque, celui que personne ne veut regarder en face, c’est la dette. Dettes des États, dettes des entreprises technologiques endettées jusqu’au cou pour acheter du matériel Nvidia, dettes des particuliers à effet de levier. Béchad compare l’édifice actuel à la bulle des dot-com — à une échelle 100 fois supérieure. Personne ne sait à quel taux de défaut le système craque. On sait juste que c’est inexorable.
Pour les épargnants français, le message est clair : diversifier avant que l’Europe ne verrouille les sorties…

