51 240 euros. C’est la part de la dette publique française qui revient à chaque citoyen, du nourrisson au retraité. En année de recette fiscale, l’État devrait consacrer près de deux années entières à ne rembourser que cette dette. Et encore, ce chiffre officiel de 3 482 milliards d’euros est trompeur : en intégrant les engagements hors bilan — retraites des fonctionnaires, garanties sur l’épargne — la Cour des comptes porte l’estimation à plus de 7 000 milliards d’euros, soit deux fois et demi le PIB.
Ce documentaire démonte méthodiquement la mécanique de l’endettement français, depuis le premier déficit systématique de 1974 jusqu’à aujourd’hui. En cinquante ans, la dette est passée de 14,5 % à plus de 115 % du PIB — une trajectoire sans correction, sous tous les gouvernements.
Qui détient cette dette ? À 54 %, des créanciers étrangers, contre 30 % pour l’Italie ou les Etats-Unis. Une dépendance structurelle qui réduit mécaniquement la souveraineté budgétaire de la France. Et une partie de l’épargne des Français finance déjà discrètement cette dette, via les assurances-vie en euros orientées par la loi vers les obligations d’État.
Le coût, lui, explose : le taux moyen d’emprunt est passé de 1,16 % sur 2009-2021 à 3,42 % en 2026. D’ici 2027, la charge des intérêts pourrait atteindre 90 milliards d’euros — soit le premier poste de dépense de l’État, devant l’Éducation nationale. Chaque Français paierait alors plus de 1 300 € par an pour rembourser des créanciers majoritairement étrangers, sans aucun service public en retour.
L’histoire enseigne qu’une dette insoutenable finit toujours de la même façon : inflation, austérité, ou confiscation. La Révolution française en est le premier exemple.

