Guerre informationnelle, Afrique et censure : le grand n’importe quoi de la semaine

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Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a découvert la propagande. À 43 ans. Et il a décidé d’y répondre en créant « French Response », un compte gouvernemental sur les réseaux sociaux destiné à « faire bugger la matrice » — sa formule, pas la nôtre. Au programme : repost, dénonciation des manipulations adverses, et désormais construction de « nos propres récits » avant même que l’ennemi n’attaque. De la contre-propagande, donc. Ou plutôt, de la propagande.

Cette émission, signée Elucid, passe en revue quelques-uns des épisodes les plus révélateurs de la semaine. French Response s’est notamment illustré lors du sommet France-Afrique au Kenya, en se moquant d’une journaliste kenyane primée par la BBC pour avoir ironisé sur la « recolonisation » portée par Macron. Problème : les 27 milliards d’euros d’investissements vantés par Paris se décomposent essentiellement en business d’entreprises françaises privées — Canal Plus rachetant une plateforme africaine, Total construisant des centrales, CMA CGM développant des terminaux portuaires. De l’aide à l’Afrique, ou de l’expansion commerciale française ?

Pendant ce temps, l’Allemagne célébrait le 9 mai, anniversaire de la victoire sur le nazisme, en interdisant les drapeaux soviétiques, les lettres V et Z, et en contraignant un manifestant à retirer son t-shirt de marin jugé trop évocateur de la marine russe. La Corée du Nord, elle, modifiait sa constitution pour déclencher automatiquement une frappe nucléaire en cas d’assassinat de son dirigeant — réponse directe, selon l’émission, à la doctrine des assassinats ciblés normalisée ces derniers mois.

Un panorama hebdomadaire corrosif, qui soulève une question simple : si le récit occidental est si difficile à défendre, n’est-ce pas d’abord parce qu’il colle de moins en moins à la réalité ?

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