La bombe financière que personne ne voit venir !

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Il ne s’agit pas d’un krach boursier classique, ni d’une bulle spéculative facile à identifier. Dans cette interview, le philosophe et économiste Frédéric Lordon pointe un danger autrement plus discret — et plus dévastateur : le private credit.

Ce compartiment financier, né après la crise des subprimes de 2008, repose sur un principe en apparence simple : des fonds spécialisés prêtent à des entreprises fragiles ou trop petites pour accéder aux marchés réglementés, en promettant aux investisseurs des rendements de l’ordre de 10 % par an. Un édifice séduisant, mais dont les fondations sont de plus en plus fragiles.

Lordon illustre la mécanique avec un exemple saisissant : OpenAI, Amazon, Nvidia forment un circuit fermé où chacun investit chez l’autre et commande chez l’autre, dans une logique qu’il compare à un ouroboros — le serpent qui se mord la queue. Or OpenAI n’a toujours pas dégagé le moindre bénéfice, et une note d’analyste de HSBC anticipe un trou cumulé de 200 milliards de dollars à combler d’ici 2030.

À cette fragilité structurelle vient s’ajouter le contexte géopolitique. La guerre au Moyen-Orient provoque un choc pétrolier d’une ampleur inédite et désorganise les chaînes d’approvisionnement mondiales — y compris pour l’hélium, indispensable à la fabrication des puces électroniques. Le banquier central se retrouve alors dans une position impossible : baisser les taux ? Les monter ? Les laisser s’effondrer pour inonder la finance de liquidités ?

C’est ce télescopage entre crise financière, récession économique et déstabilisation géopolitique qui rend la situation si explosive selon Lordon. Un effondrement bancaire ne signifierait pas seulement des pertes sur les marchés — ce serait, dit-il, la fin des paiements, des virements, des distributeurs…

Une vidéo dense, lucide et inquiétante, à regarder de toute urgence.

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