Le 18 juin, à Versailles, Trump a signé un accord de paix avec l’Iran. En cédant à presque toutes les conditions iraniennes.
Le même Trump qui, 6 mois plus tôt, avait déclenché la guerre.
Quelques jours plus tôt avait lieu la plus grosse entrée en Bourse jamais réalisée.
Tout va bien pour les Etats-Unis, alors ?
SpaceX : la bulle la plus spectaculaire de l’histoire
Introduite en Bourse à 135 dollars le 13 juin, l’action SpaceX atteignait 225 dollars trois jours plus tard. Soit une hausse de 50 % en 72 heures.
Résultat : SpaceX est valorisée à 3 000 milliards de dollars. C’est davantage que la capitalisation totale de toutes les entreprises du CAC 40 et du SBF 120 réunies. C’est 200 fois le chiffre d’affaires de la société, qui s’établit à 55 milliards de dollars. Et c’est, selon un analyste officiellement félicité par Elon Musk lui-même, une valorisation « pas chère » puisque SpaceX devrait selon lui valoir entre 35 000 et 50 000 milliards d’ici 2035.
En trois jours, Elon Musk a gagné plus que Berkshire Hathaway depuis les années 1960 — soit davantage que les 1 500 milliards accumulés par Warren Buffett en 60 ans de gestion.
Pendant ce temps, la France annonçait 665 millions d’euros d’investissement dans l’intelligence artificielle.
14 produits dérivés créés en 3 jours
Ce qui rend cette bulle particulièrement explosive, ce ne sont pas les chiffres de valorisation. C’est la vitesse à laquelle la spéculation s’y est engouffrée.
En l’espace de trois jours après l’introduction, 14 instruments dérivés avaient déjà été créés sur SpaceX. Dont 11 à effet de levier — ETF double, triple, short inversé.
À Séoul, le phénomène prend des proportions encore plus vertigineuses. Les contrats à terme sur les semi-conducteurs coréens sont passés de 20 000 à 600 000 par jour en un mois, soit une spéculation multipliée par 30. Et les volumes échangés sur les dérivés représentent désormais 70 % des échanges réels sur ces mêmes valeurs.
La Bourse de Séoul, elle, affiche +135 % depuis le 1er janvier. Samsung et son concurrent SK Hynix ont vu leur valeur multipliée par quatre ou cinq. Des capitalisations dépassant 1 000 milliards de dollars chacune — des niveaux jamais atteints, même en l’an 2000.
L’accord de Versailles : une victoire sur le papier
Le traité signé à Versailles est historique, certes. Mais pas pour les raisons qu’on croit.
C’est la première fois depuis des décennies que les Etats-Unis acceptent les conditions d’un adversaire qu’ils venaient de bombarder. L’Iran récupère la moitié de ses avoirs gelés. Il percevra une forme de péage sur le trafic dans le détroit d’Ormuz. Et il conserve son droit à l’enrichissement d’uranium à usage civil.
Mais surtout, ce traité ne fait pas apparaître du pétrole par magie.
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, l’a dit clairement : la reprise normale du trafic dans le détroit d’Ormuz prendra au moins six mois. La remontée en puissance de la production pétrolière dans le Golfe ne reviendra pas à ses niveaux d’avant-guerre avant juin ou juillet 2027. D’ici là, il manquera environ 7 % des capacités mondiales de production, en continu.
Le baril de Brent s’affiche aujourd’hui autour de 80 dollars. C’est exactement le niveau qu’il affichait en février 2025, quand il n’y avait aucune pénurie. Autrement dit, le marché fait comme si le problème était résolu. Il ne l’est pas.
La Fed envoie un signal que personne ne veut entendre
Kevin Warsch, nouveau patron de la Fed, a tenu sa première conférence de presse. Le message : neuf membres du conseil voient une hausse de taux dès juillet. Cinq en anticipent deux d’ici la fin de l’année. Deux en voient trois.
La majorité des gouverneurs est désormais favorable à un resserrement monétaire.
Or, jamais dans l’histoire récente Wall Street n’a tenu à ces niveaux de valorisation avec des taux qui montent et une inflation qui reste persistante. L’inflation officielle est à 3,8 % mais tout le monde s’attend à ce qu’elle repasse au-dessus de 4 % dans les semaines qui viennent.
Et pendant que la Fed prépare des hausses de taux, le Nasdaq vient de terminer son meilleur premier semestre de l’histoire avec +20 % depuis le 30 mars et +100 % pour le Sox des semi-conducteurs sur la même période.
Le casino est plein. La sortie de secours est étroite.
Fin juillet, lors de la publication des résultats trimestriels, 400 milliards de dollars supplémentaires d’actions SpaceX arriveront sur le marché. Puis, tous les quinze jours, de nouvelles tranches représentant 145 à 150 milliards seront libérées.
Qui va absorber tout ça ?
Les marchés ont besoin d’un flux permanent de nouveaux acheteurs pour tenir ces niveaux. Les initiés le savent. Et quand Trump lui-même tweete « c’est le moment d’acheter », la question n’est plus de savoir si la correction viendra.
Mais qui paiera l’addition ?


