10 milliards d’euros. C’est ce que l’Etat français verse chaque année aux associations, selon les chiffres compilés par Jean-Baptiste Léon, directeur de publication de Contribuables Associés et auteur du Livre noir de l’argent public. Un chiffre vertigineux, d’autant plus troublant que le contrôle démocratique de ces dépenses est quasi inexistant.
Le mécanisme est simple et redoutablement efficace : les députés chargés de surveiller ces subventions reçoivent les chiffres… deux ans après que l’argent a déjà été versé. Le train est passé. Il ne reste plus qu’à dire amen. À cela s’ajoute un manque criant de moyens humains pour analyser des documents budgétaires complexes. Résultat : ça tourne en roue libre.
Les exemples abondent. Le mandat d’Anne Hidalgo à Paris a généré 1,5 milliard d’euros de subventions aux associations en six ans. La ville emploie 450 agents pour son seul service de communication. Les grandes agences publiques comme l’ADEME disposent de budgets de 4 à 5 milliards annuels, avec un contrôle parlementaire jugé insuffisant même par des rapports officiels du Sénat. Et pendant ce temps, la France compte 6 millions d’agents publics — un chiffre qui n’a cessé de croître sous tous les présidents, de gauche comme de droite.
Le diagnostic est posé depuis longtemps. Raymond Barre alertait dès 1976. François Fillon parlait d’un « Etat en faillite » en 2007. Bruno Le Maire dénonçait la « drogue à l’argent public » en 2017. Dix ans plus tard, la situation est pire. Ce qui manque, selon Léon, ce ne sont pas les rapports ni les solutions, c’est le courage politique de les appliquer.

