Choc pétrolier, pénuries, réarmement mondial : la tempête approche

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La comparaison avec 1973 s’impose — mais en pire. L’économiste Jacques Sapir, spécialiste de l’économie russe et professeur à l’Ecole de guerre économique, tire la sonnette d’alarme : avec 12 à 14 millions de barils par jour manquant à la production mondiale depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, le choc pétrolier actuel est d’une ampleur comparable à celui de 1973. Sauf que nos économies sont aujourd’hui bien plus dépendantes au pétrole qu’elles ne l’étaient alors — dans l’agriculture, la chimie, l’électronique, l’emballage, l’automobile.

Et le pire reste à venir. Les réserves stratégiques des Etats, mobilisées pour amortir le choc, commenceront à s’épuiser début juin. À partir de l’été, les premières pénuries de diesel devraient apparaître. À l’automne, les conséquences industrielles et agricoles se feront pleinement sentir. Même si la guerre s’arrêtait demain, il faudrait entre 18 mois et 3 ans pour que la production retrouve son niveau d’avant-crise — en raison des dégâts sur les infrastructures et du phénomène de sédimentation des puits à l’arrêt.

Pour la France, surendettée et désindustrialisée, le tableau est particulièrement sombre : inflation entre 5 et 6,5 %, chômage attendu autour de 9 à 10 %, chute du tourisme, vague de faillites dans les secteurs exposés aux coûts énergétiques. Les ménages ruraux dépendants de leur voiture pourraient voir leur pouvoir d’achat amputer de 10 %.

Sur l’échiquier mondial, Sapir décrypte également la rencontre Poutine-Xi Jinping : un accord gazier massif, le développement de routes commerciales terrestres contournant les détroits maritimes, et une stratégie coordonnée de réintégration de la Corée du Nord et de l’Afghanistan dans le jeu international. Un réalignement géopolitique profond, pendant que l’Occident regarde ailleurs.

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